Je suis Noémie
Bienvenue dans l'espace Famille Sereine
Pendant longtemps, j'ai su que quelque chose était différent mais sans savoir quoi. Mon fils semblait plus souvent malheureux que les autres enfants. Malheureux d'aller à l'école, de passer une soirée avec une babysitter, parfois de mauvaise humeur tout le week-end.
Je pensais que c'était moi. Que je faisais mal quelque chose. Un jour, je lui ai dit que j'avais passé un mauvais week-end. Il m'a répondu que lui, il en avait passé un bon. J'ai réalisé que ce que je lisais comme du mal-être, c'était lui qui lâchait ses barrières après une semaine entière à masquer à l'école. Pour lui, c'était du soulagement. Je ne savais pas encore lire son langage. Il a besoin que je l'habille le matin, que je le porte dans mes bras pour aller de la voiture à l'école — même à 5 ans. Que j'aille chercher sa tétine à 30 centimètres de lui alors que je suis à 5 mètres.
J'ai eu beau essayer tout ce que les livres recommandent — la fermeté, la douceur, les conséquences, les encouragements — rien n'a fonctionné durablement. Parce que je ne comprenais pas encore ce qui se passait vraiment pour lui.
Puis j'ai découvert le SEPD. Ça a été un moment de clarté totale. Pas de doute, pas d'hésitation — c'était lui, sans aucune ambiguïté. Et avec cette clarté est venu un soulagement immense, suivi presque immédiatement d'angoisse : est-ce qu'il sera un jour autonome ? Est-ce qu'il abandonnera l'école, comme 70% des enfants SEPD ? Et si oui — comment je tiendrai, moi, sachant que souvent les choses s'intensifient avec l'âge, et qu'il n'a que 5 ans ?
Ces questions, je les ai toujours, mais elles ne me paralysent plus de la même façon. Comprendre son profil m'a permis de ressentir quelque chose que je n'attendais pas : de la compassion. Pas de la résignation — de la compassion vraie, pour lui et pour moi. J'ai appris à laisser passer ce qui n'est pas essentiel, à ne garder que trois règles non négociables — sa sécurité, son intégrité physique, l'hygiène.
Tout le reste est négociable. J'ai appris à réguler son système nerveux avant de lui demander quoi que ce soit : le trampoline, les aliments qui croustillent, la couverture lestée. Des choses simples qui changent la texture d'une journée. Je crie moins parce que je comprends mieux. Nous allons mieux — pas parfaitement, mais mieux.
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